Au deuxième étage du Mémorial de Falaise, découvrez comment l’Occupation allemande a transformé la vie des Normands : réquisitions, rationnement, marchés parallèles, répression et Résistance. Un parcours documentaire et humain à hauteur de civils.

  • Qu’est-ce que la ligne de démarcation (1940–1942) ?
    • Elle séparait zone occupée et zone dite libre : son franchissement nécessitait un laissez‑passer et contrôlait personnes, biens et courrier.
  • Comment fonctionnait le rationnement ?
    • Cartes et tickets fixaient des rations variables selon l’âge, le sexe et la profession; les denrées étaient délivrées en quantités limitées.
  • Quel a été le rôle de la Milice ?
    • Organisation politique et paramilitaire de Vichy (dès 1943), elle a pourchassé résistants et opposants, participant à des arrestations, tortures et exécutions.

La France sous Occupation (1940-1944)

La visite débute avec un espace consacré à la France occupée pendant la Seconde Guerre mondiale, centrée sur le quotidien des civils.

Dès 1940, après l’armistice, la France entre dans une période d’Occupation :

  • économie sous contrainte,
  • indemnité quotidienne imposée
  • et territoire divisé par une ligne de démarcation, difficile à franchir sans laissez-passer.

La zone occupée est placée sous commandement militaire allemand, dans un pays affaibli et confronté à une forte présence militaire.

Si les premiers mois laissent apparaître une image de contrôle et de normalité relayée par la propagande, la réalité s’impose rapidement. Pendant plus de cinq ans, les pénuries, les restrictions et les difficultés quotidiennes marquent durablement la vie des civils.

Vivre au quotidien

L’Occupation allemande bouleverse profondément la vie des Français. La restriction des libertés et de fortes difficultés économiques rythment leur quotidien.

L’occupant réquisitionne les ressources du territoire. Quant à la production agricole et industrielle, elle chute. La pénurie de carburant perturbe le travail dans les campagnes. Tandis que l’absence des hommes prisonniers conduit de nombreuses femmes à assurer les activités essentielles. La France doit également prendre en charge les frais d’Occupation, en fournissant logement et alimentation aux troupes allemandes.

Dès l’automne 1940, l’administration instaure le rationnement. Les tickets d’alimentation limitent les achats, avec des rations variant selon l’âge, le sexe et le lieu de vie.

Dans ce contexte, le marché noir se développe rapidement. Il permet de contourner les restrictions mais accentue fortement les inégalités sociales.

Malgré ces contraintes, les civils cherchent à préserver une forme de quotidien. Le Mémorial de Falaise évoque ces réalités à travers des lieux emblématiques de la vie de l’époque :

  • l’école,
  • le cinéma
  • ou les services administratifs.

La répression

En traversant le couloir du deuxième étage, le parcours met en lumière la répression exercée contre les civils pendant la Seconde Guerre mondiale.

Dès l’Occupation, les autorités allemandes instaurent leur propre système judiciaire, rapidement renforcé par les dispositifs du régime de Vichy. Cette double répression cible en priorité les résistants et les opposants. En 1943, elle s’intensifie avec la création de la Milice. Arrestations, déportations, tortures et exécutions touchent des dizaines de milliers de personnes.

En Normandie, des actions de Résistance entraînent de lourdes représailles. L’attentat d’Airan, en 1942, illustre la violence des réponses apportées par les autorités d’Occupation.

Les populations juives sont également victimes de politiques d’exclusion, puis de déportation vers les camps d’extermination. Environ 76 000 Juifs de France sont déportés. Seuls quelques milliers d’entre eux reviennent.

Photographie de l'attentat d'Airan dans la nuit du 15 au 16 avril 1942
Photographie de l’attentat d’Airan dans la nuit du 15 au 16 avril 1942

Renseignement, diffusion clandestine, sabotages : face à la peur, la résistance se structure. Elle joue un rôle important dans la préparation des débarquements de 1944, en Normandie comme en Provence. À l’approche de 1944, la cohabitation contrainte entre civils, forces d’Occupation et réseaux résistants préfigure les bouleversements de la Libération.